Aller au contenu
Un blog de convictions, ouvert sur le monde.Écrire à Christian
Le blog deChristian Barlo.07 77 36 01 44

Espoir, Luttes, Changement avec Fabien ROUSSEL!

← Le journal

Actualités • 26 octobre 2026

BRÉSIL : ET SI LE VENT DE L’HISTOIRE TOURNAIT ENFIN ?

Foto Oficial do Presidente Lula

BRÉSIL : ET SI LE VENT DE L’HISTOIRE TOURNAIT ENFIN ?

Il est des victoires électorales qui dépassent largement les frontières d’un pays. Celle de Lula, ce dimanche 25 octobre 2026, au Brésil, appartient à cette catégorie.

Avec 51,79 % des suffrages, le président sortant vient de remporter un quatrième mandat, en battant Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Après avoir écarté le père en 2022, les Brésiliens viennent donc de repousser le fils en 2026. Manifestement, l’héritage familial ne suffit pas toujours à convaincre un peuple de renouveler ses erreurs !

Je ne bouderai pas mon plaisir. Dans un monde où les nationalismes prospèrent, où les discours autoritaires se banalisent, où les milliardaires prétendent dicter aux peuples leur avenir, cette victoire a quelque chose de profondément réconfortant. Elle rappelle que rien n’est définitivement écrit, que les rapports de force peuvent être inversés et que les peuples conservent cette capacité formidable de déjouer les scénarios qu’on leur présente comme inéluctables.

Le symbole est d’autant plus fort que l’Amérique du Sud connaît une poussée des droites conservatrices, radicales ou ultralibérales. En Argentine, Javier Milei a fait de la dérégulation économique et de la réduction drastique du rôle de l’État les piliers de son projet. Ailleurs sur le continent, les succès électoraux de la droite témoignent également d’un déplacement des équilibres politiques.

Derrière plusieurs de ces évolutions se dessine l’influence d’un trumpisme qui cherche à étendre son empreinte politique et économique sur l’ensemble des Amériques.

Mais cette victoire brésilienne vient surtout contredire une vieille imposture idéologique : le fameux « There is no alternative », ce TINA popularisé par Margaret Thatcher.

Il n’y aurait donc pas d’autre voie que le libéralisme économique, la concurrence généralisée, la réduction des dépenses publiques, la compression des droits sociaux et la soumission des politiques nationales aux exigences des marchés financiers. Depuis près d’un demi-siècle, cette prétendue fatalité sert de justification à des politiques qui creusent les inégalités tout en présentant leurs conséquences comme autant de sacrifices nécessaires.

Et pourtant, des alternatives existent. Elles ne sont ni des utopies ni de simples promesses électorales.

Regardons l’Espagne. Sous l’impulsion du gouvernement de Pedro Sánchez et de ses partenaires de gauche, notre voisin démontre qu’il est possible d’articuler croissance économique, progrès social et transition environnementale. Revalorisation du salaire minimum, renforcement des protections des travailleurs, développement des énergies renouvelables, investissements publics, politique migratoire relativement ouverte : autant d’orientations qui accompagnent une croissance nettement supérieure à celle de nombreux partenaires européens.

Avec 2,8 % de croissance en 2025 et des perspectives encore solides pour 2026, l’économie espagnole apporte un démenti concret à ceux qui présentent les politiques sociales comme nécessairement incompatibles avec le dynamisme économique.

Tout n’y est évidemment pas exemplaire. La crise du logement, les inégalités persistantes et les difficultés parlementaires rappellent qu’aucune politique ne résout magiquement toutes les contradictions d’une société. Mais précisément : reconnaître ces difficultés n’empêche pas de constater qu’une autre orientation économique est possible.

Et l’Espagne ne s’arrête pas là. Sur la scène internationale, Pedro Sánchez a également montré qu’appartenir au camp occidental n’obligeait pas à s’aligner systématiquement sur les décisions de Washington.

Son refus de certaines exigences militaires de Donald Trump, ses positions sur Gaza et son attachement revendiqué au droit international témoignent d’une volonté d’autonomie politique devenue trop rare parmi les dirigeants européens. On peut être allié des États-Unis sans devenir le porte-voix de leur président. Une subtilité qui semble encore échapper à quelques capitales européennes !

Le Brésil, lui aussi, porte cette aspiration à une souveraineté qui ne renonce ni à la justice sociale ni à la coopération internationale. Non que Lula soit un homme providentiel, ni que son bilan échappe à toute critique. Mais son projet conserve des orientations identifiables : lutte contre la pauvreté, réduction des inégalités, protection de l’Amazonie, défense de la souveraineté nationale

. Avec plus de 48 % des suffrages, le bolsonarisme demeure cependant solidement implanté dans la société brésilienne. L’extrême droite a perdu la présidence, elle n’a pas disparu. La bataille politique et sociale continue.

Et comment ne pas regarder ces deux expériences depuis la France ? Ici, combien de fois nous a-t-on expliqué qu’il n’existait aucune alternative aux politiques conduites depuis des décennies ? Qu’il faudrait travailler toujours plus longtemps, réduire les dépenses publiques, accepter la dégradation des services collectifs, renoncer à redistribuer davantage les richesses et différer indéfiniment les ambitions écologiques ?

Comme si les choix politiques n’étaient plus des choix, mais des nécessités auxquelles les citoyens devraient se résigner.

Pourtant, en France aussi, une alternative programmatique existe. Elle porte un nom : L’Avenir en commun. Un projet construit, développé et enrichi au fil des années, qui articule transformation sociale, redistribution des richesses, planification écologique, reconquête des services publics, démocratisation des institutions et indépendance de notre politique internationale. On peut naturellement en discuter les propositions, leur financement ou les modalités de leur application.

Mais on ne peut sérieusement prétendre que la gauche française serait dépourvue de projet.

Encore faut-il que cette ambition rencontre une force collective capable de la porter. Et c’est précisément ce qu’ont montré les démarches unitaires de la NUPES en 2022, puis du Nouveau Front populaire en 2024.

Elles ont permis de dépasser, au moins temporairement, les querelles partisanes pour rassembler autour de programmes partagés des sensibilités diverses de la gauche sociale, écologique et républicaine. À mes yeux, ce sont ces démarches d’union, fondées sur un véritable projet de transformation, qui constituent la seule perspective porteuse d’espoir pour la gauche française. Non les combinaisons d’appareils, les rivalités de personnes ou les tentatives de concilier indéfiniment des politiques libérales avec quelques correctifs sociaux.

L’union n’a de sens que si elle permet de changer de politique. Et le changement politique ne devient crédible que lorsqu’il rencontre une mobilisation populaire suffisamment large pour l’imposer. L’un sans l’autre conduit soit à l’impuissance, soit à la désillusion.

Car le vent de colère qui souffle aujourd’hui sur la France ne doit surtout pas se tromper de cible. Cette colère est nourrie par les injustices sociales, le sentiment d’abandon, la dégradation des services publics et l’impuissance apparente des institutions à répondre aux aspirations populaires. Mais elle ne doit pas être détournée contre d’autres citoyens qui partagent, bien souvent, les mêmes difficultés et les mêmes inquiétudes.

Ceux qui exacerbent les rivalités entre les membres d’un même peuple, qui dressent les pauvres contre les plus pauvres, les Français les uns contre les autres, tout en mentant sur leurs véritables objectifs économiques, devraient être renvoyés au placard des idées rances dont ils n’auraient jamais dû sortir.

La colère populaire peut devenir une formidable force de transformation sociale. Encore faut-il qu’elle s’attaque aux mécanismes qui produisent les injustices, plutôt qu’aux boucs émissaires qu’on lui désigne.

C’est peut-être la leçon essentielle de cette victoire brésilienne, comme de l’expérience espagnole. Le progrès social n’est pas condamné à n’être qu’un souvenir, pas davantage que la gauche n’est vouée à accompagner docilement les transformations imposées par le capitalisme contemporain.

« There is no alternative » ? Si, justement. Il y en a. Et le véritable enjeu politique est de donner aux peuples les moyens de les choisir.

Il arrive que l’histoire semble avancer inexorablement dans une mauvaise direction. Puis, quelque part, un peuple nous rappelle qu’elle n’est pas condamnée à suivre une seule route.

Hier, ce peuple était brésilien.

Et ce matin, à quelques milliers de kilomètres de Brasília, ce souffle d’espoir réchauffe aussi les cœurs.

⸻

  • Pour prolonger cette réflexion, confronter nos idées et faire vivre le débat démocratique à La Seyne-sur-Mer, rejoignez notre groupe Facebook « Pour un front républicain seynois ». Parce qu’une démocratie vivante ne se résume pas à déposer un bulletin dans une urne : elle se construit aussi par la discussion, l’engagement et l’action collective.

https://www.facebook.com/share/g/1EK5LoNVin/?mibextid=wwXIfr

#Brésil #Lula #AvenirEnCommun #UnionDeLaGauche #JusticeSociale

par guy CALMES

https://www.pcf.fr/_presidentielles_au_bresil_soutien_aux_forces_de_gauche_et_progressistes

https://www.facebook.com/share/v/1KSmqrey9C/